La composition des Équipages

Pour approcher un navire sans se faire remarquer, ils ont avantage à bien louvoyer!Les équipages corsaires sont souvent constitués de marins de métier. Pour faire la course, il faut savoir naviguer et même très bien naviguer. En effet, les corsaires doivent maîtriser leur navire de manière à en tirer tout le potentiel de vitesse et de précision. Outre la vitesse, ils comptent parfois sur l'effet de surprise. Pour approcher un navire sans se faire remarquer, ils ont avantage à bien louvoyer!

Composition

Les équipages corsaires proviennent de différents ports. Les principaux sont Louisbourg à l'Île Royale, Plaisance à Terre-neuve, Port-Royal en Acadie et Québec. On a même retracé des marins corsaires provenant de Montréal. Il arrive aussi que des capitaines corsaires recrutent leur équipage dans plus d'un port. Il est vrai que la population n'est pas très nombreuse et les bons marins manquent parfois à l'appel.



Morin et son équipage hivernent

Morin

Navire corsaire : Le Trompeur

Août 1712
Capitaine : Jacques François Morin
Port d'attache : Québec

Le Trompeur appareille en août 1712. À son bord quelques membres d'équipage dont deux « sauvages » et des hommes de Québec se déclarant flibustiers! Les membres d'équipage manquants seront recrutés par la suite au Cap-Breton.

Morin

En mer, ils prennent deux navires anglais : la Mutine et la Gaillarde. Trop loin de Québec pour remonter le fleuve avant qu'il ne gèle, l'équipage choisit d'hiverner avec ses prises en Acadie.

Or, le printemps revenu, plusieurs membres de l'équipage choisissent de rester en Acadie et de ne pas rentrer à Québec avec le Trompeur et ses prises. Ils vendent donc leurs parts du butin à d'autres marins, et l'équipage qui vient déclarer les prises à Québec est différent de celui qui les a faites!

Le recrutement et la presse de marins

Recrutement

Pendant toutes les périodes de conflit, les différents États doivent s'assurer du recrutement de la Marine royale et ils doivent aussi encourager les habitants hardis à partir en course. Il en résulte une compétition entre les Marines royales et les corsaires.

Pour empêcher que les bons candidats marins ne succombent aux promesses de butin des corsaires et délaissent ainsi la Marine royale, le Secrétaire aux colonies de Grande-Bretagne, en 1778, intervient en émettant de nouvelles instructions. Il devient formellement interdit aux navires corsaires d'employer à leur bord des marins de la Marine royale.

La presse de marins

Pour recruter ses hommes, la Marine anglaise envoie des patrouilles armées dans les lieux publics pour effectuer la « presse de marins ». Les hommes capables sont carrément enlevés de force pour servir sur les bateaux. Appliquée par les autorités anglaises dans la vallée du Saint-Laurent, cette pratique a parfois donné lieu à des abus cruels. La presse va parfois très loin : en 1778, au Québec, un marin est tué lors d'une telle opération.