Textes des personnages de la peinture
Personnage 1 (tenant un sac et portant un béret)
Enfin on peut mettre les voiles! Dès que le capitaine aura fini de négocier les conditions, on lui donnera nos noms, âges, lieux de naissance et de résidence, pour la liste obligatoire. Une chance, on n'est pas obligé d'avoir un métier pour travailler sur le bateau! Après, on va leur courir après, les marsouins! Et on les laissera pas aller une fois qu'on les aura pris! Ils seront prisonniers, et on va les ramener au port pour un bon prix.
Personnage 2 (avec un foulard orangé à la taille, penché sur une table)
Je suis le capitaine J. B. Jouhau, du navire Elizabeth. Avec cette lettre de marque, mes hommes et moi aurons la permission officielle de poursuivre ceux qui veulent voler et piller les navires de notre glorieuse Marine! Avec nos canons et nos boulets, notre poudre et nos couteaux, on est équipé pour la guerre! On pourra saisir leurs bateaux, leurs armes et leurs provisions, et vendre tout ça pour un bon prix. Non je sais, on n'est pas très gentil… mais eux non plus!
Personnage 3 (assis à la table)
Cette affaire de la course, c'est une bonne chose pour le gouvernement. Grâce à eux, les corsaires, nous du Ministère de la Marine et des colonies, nous pouvons poursuivre les ennemis de l'État sans mettre en danger nos navires ou nos équipages. Les armateurs et les capitaines prennent tous les risques, mais quand ils vendent leurs prises, nous aussi nous avons une part des profits. Et en même temps, nous nous débarrassons de ceux qui pourraient empêcher la guerre d'aller rondement…pour notre roy. Bien sûr, puisque nos alliés leur offrent assistance et droit de passage dans leurs ports, nous devons faire de même. Au moins, aucun argent n'est compris dans ces échanges amicaux!
Personnage 4 (debout, portant un chapeau et un manteau rouge)
Avec toutes ses conditions et ses références aux textes de lois, il nous en a fallu un temps pour écrire cette lettre de marque! Mais c'est notre travail, à nous fonctionnaires du Ministère. Une fois que le Ministre de la Marine et des Colonies l'aura signée, un autre de ces navires corsaires pourra lever l'ancre et contribuer à l'effort de guerre. J'espère que ce capitaine Jouhau ne sera pas assez idiot pour oublier d'enregistrer sa lettre au bureau de l'inspection maritime avant son départ. La dernière fois, vous auriez dû voir la quantité de papiers supplémentaires que nous avons dû écrire et faire approuver, juste parce que cet imbécile de capitaine avait enregistré sa lettre au mauvais bureau! On se demande presque comment ils font pour ne pas se perdre en mer!
Papier sur la table
Vous êtes témoin des dernières négociations avant la signature d'une lettre de marque, un document officiel, émis par un état, qui donne à un navire privé le droit de saisir les biens, les navires et les armes, et de faire prisonniers l'équipage d'un navire ennemi en temps de guerre. La lettre sur cette table, émise par le gouvernement français, est valide pour dix mois; un temps assez court, car on ne sait jamais quand la guerre va finir. Pendant cette période, les corsaires vont tenter d'intercepter les ennemis, de retourner à leur port d’attache avec leurs prises et de les vendre à profit. Bien sûr, cette lettre de marque, cette permission, a un prix: tous les profits doivent être divisés avec l'État.
Lettre de marque
Trouvez les cinq erreurs
Lettre pour un navire corsaire français.
La date sur le document est le 8 Ventôse An 9, selon le calendrier révolutionnaire, donc le 27 février 1801.
République Française.
Lettre de Piraterie
Les Consuls de la République permettent, par la présente, au Capitaine J.B. Jouhau de faire équiper en guerre un Corsaire nommé la Julia, avec tel nombre de canons, boulets, et telle quantité de poudre, plomb et autres munitions de guerre et vivres qu'il jugera nécessaire pour courir sur tous les Alliés de la République, et sur les Pirates, de les prendre et laisser fuir avec leurs navires, armes et autres objets dont ils seront saisis; à la charge de l'armateur de faire enregistrer la présente Lettre au Bureau de l’inspection maritime du lieu de son départ; d'y déposer un rôle des gars de son Equipage; et à la charge par ledit Capitaine de faire, à son retour, son rapport devant l'Administrateur de la Marine.
Les Consuls de la République invitent toutes les Puissances amies et alliées de la République française à donner au Capitaine tout aide, passage et retraite en leurs Ports.
Ne pourra la présente servir que pour dix ans seulement, à compter de la date de son enregistrement.
En foi de quoi les Consuls de la République ont fait signer la présente Lettre par le Ministre de la Marine.
Donné à Paris, le huit Ventôse l'an neuf de la République Française
Par le Ministre de la Marine et des Colonies,
[Signé] M. Furier [?]
Commentaires sur les réponses de la lettre de marque
Piraterie (Marque)
Il s'agit bien d'une Lettre de marque, car les pirates n'avaient pas de telle permission de l'État pour leurs actions.
Julia (Elizabeth)
Le navire du capitaine Jouhau se nomme l'Elizabeth.
Alliés (Ennemis)
On poursuit bien sûr les ennemis de la République, non pas les alliés.
Laisser fuir (Amener prisonniers)
Tout bon corsaire ramène des prisonniers et ne laisse surtout pas fuir sa prise!
10 ans (10 mois)
Valides seulement pendant un conflit, les lettres de marque couvraient une période assez courte car on ne savait jamais quand reviendrait la paix. |