Pièce

La liquidation des prises

Une fois le corsaire revenu à bon port, son aventure est terminée, enfin presque. Une autre étape s'amorce avec le retour : la liquidation des prises. Dès l'arrivée, le capitaine corsaire doit se rendre à l'Amirauté pour remettre son rapport. Informé de l'arrivée du navire dans lequel il a investi, l'armateur vient constater si la fortune lui sourit.

Une fois l'inventaire terminé, on informe la population du moment choisi pour la tenue de l'encan.Par la suite, une équipe de fonctionnaires de l'administration coloniale se rend sur la prise et procède à l'inventaire. Une fois l'inventaire terminé, on informe la population du moment choisi pour la tenue de l'encan. Cet encan se déroule souvent sur plusieurs jours. L'ensemble de ces procédures est nommé liquidation.

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À l'occasion, les armateurs peuvent racheter l'ensemble des marchandises provenant de la prise et même le navire pris lui-même. Ils tirent donc profit de ces ventes. En revanche, les profits sont rarement énormes.



L'inventaire

Précision et minutie sont les deux qualificatifs les plus adaptés pour décrire la manière dont les inventaires de course sont réalisés.

Sceau

Tout est examiné et noté devant témoins. Tous les coffres et armoires de la prise sont ouverts, le contenu est noté et il en va de même pour toutes marchandises à bord du navire. Après l'examen de la prise, on appose des scellés aux coffres, aux armoires et aux écoutilles du navire. Constitués de feuilles de papier ou de parchemin, les scellés sont collés à l'aide d'un sceau de cire. Lorsqu'ils sont abîmés, cela signifie très souvent que de la marchandise a été volée.

De plus, un gardien est généralement chargé de veiller sur la prise. De la sorte, les autorités font tout ce qu'elles peuvent afin d'éviter les vols. Enfin, les greffiers chargés de prendre en note les inventaires le font dans le menu détail. Tous les investisseurs dans la course, autant les armateurs que le capitaine, et les membres d'équipage, pourront se référer à l'inventaire advenant un différend quant à la répartition des profits.

La criée

Texte

Des plus pittoresques, la criée est essentielle à la bonne marche de la liquidation des prises. Elle sert à annoncer la tenue de l'encan, donc la vente du butin de course. Bien que l'on appose le texte de cette annonce aux portes des églises, on doit également crier ce même texte en public pour en informer la population qui, en majorité, ne sait ni lire, ni écrire.

La vente est annoncée par des crieurs au son du tambour à tous les carrefours de la ville où se déroule l'encan.

À Québec, en juillet 1698, la population de la Basse-Ville peut entendre sous ses fenêtres l'annonce qui suit :

« [...] on a fait à savoir à tous qu'il appartiendra que la vente du brigantin nommé L'aventure et la caiche nommée La prospérité avec leurs agrès et apparaux pris sur les Anglais par le défunt Sieur Jean Outlaw sera faite au plus offrant enchérisseur [...] sur le port de cette ville où sont lesdits bâtiments [...] »

ANQ-Q, TL5 D 269 p, 5/7/1698.

L'encan

Bougeoir

Pour procéder à la vente, il faut trois criées. Cela veut dire que la vente est annoncée une première fois par criée. À ce moment, les gens intéressés à acheter viennent faire leurs offres. On ne conserve que la plus élevée. La procédure est ensuite répétée deux fois. Généralement, cela se déroule sur trois jours.

Le temps consacré aux enchères est très souvent compté à l'aide d'une bougie. Lorsque celle-ci est consumée, le temps alloué à la vente est expiré. C'est ce qui se produit lors de la vente de la prise du sieur Milly la Croix, au début du mois de novembre 1756 à Louisbourg.

« Laquelle enchère nous avons fait crier jusqu'à cinq heures sonnées, après quoi avons fait allumer un bout de bougie avec [la] déclaration aux enchérisseurs que l'adjudication [vente] de la dite goélette se ferait à l'extinction de la dite bougie en faveur de celui qui, pour lors, se trouverait le dernier enchérisseur. [...] »

BAC, MG6-A2 Fonds des Archives départementales de la Charente-Maritime, 02/11/1756.