Le contenu des prises

Du poisson, de l'huile de poisson et du sel pour leur conservationQue retrouve-t-on dans les prises? Du poisson, de l'huile de poisson et du sel pour leur conservation. Les bancs de poissons de Terre-Neuve attirent par ailleurs bon nombre de pêcheurs dans le secteur du Golfe du Saint-Laurent. Ceux-ci attirent, à leur tour, bon nombre de corsaires.

Navire

Dans les navires de ravitaillement, le contenu est plus diversifié que dans les navires de pêche. C'est le cas de la prise de François Aubert de Millevaches, corsaire durant la Guerre de la Ligue d'Augsbourg. Les cales de sa prise, un brigantin anglais nommé La Marguerite, contiennent entre autres :

« [...] bouton, tabatière, toile à voile, épingle, cartes à jouer, couteau, fourchette, toile blanche, toile grise, toile bleue, gilet de laine blanche, 20 rames de gros papier, clou de girofle, muscade, souliers pour femme, galoches pour femmes, cinq livres anglais reliés en veau [etc...] »

ANQ-Q, TL5, D2581/2, 1697.

Cette cargaison a un bon potentiel de revente. Par contre, dans certains cas, la prise ne contient que du lest... constitué de roches.



Le butin des corsaires

Butin

Navire corsaire : Le Trompeur

Août 1712
Capitaine : Jacques François Morin
Port d'attache : Québec

Après avoir pris deux navires anglais, La Mutine et La Gaillarde, Jacques François Morin, capitaine et armateur du corsaire Le Trompeur, rentre à Québec en mai 1713.

La vente des prises est annoncée au son du tambour à tous les carrefours de la Basse-Ville peu de temps après. Malgré l'hiver qui a gâché presque toute la morue prise, les navires et le poisson à demi pourri trouvent preneurs!

Le navire La Mutine et la morue provenant de La Gaillarde sont vendus à Morin lui-même. La Mutine, elle, ne contient que du lest! Morin paie 3510 livres pour le bateau et 10 sols la poignée de morue, soit 101 livres et 10 sols pour le lot de morues.

Tromblon

La Grange, corsaire, et sa prise

Navire corsaire : Le Joybert

Juin 1704
Capitaine : Jean Léger de La Grange
Port d'attache : Québec

L'expédition de Jean Léger de la Grange est un grand succès. La Grange et ses hommes attaquent le port de Bonavista à Terre-Neuve. Ils détruisent trois navires et capturent le Pembroke Galley, un navire anglais armé, chargé de morues.

Trois marchands de Québec sont particulièrement heureux du retour à Québec de La Grange et de sa prise. Claude Pauperet, Louis Prat et Antoine de la Garde ont tous les trois investi de l'argent dans la course.

Outre la morue et un peu de saumon, plusieurs armes font partie du butin : six pistolets, 18 fusils et 18 sabres sont retrouvés dans un coffre d'armes. Les profits de la course sont majeurs. C'est pourquoi l'armateur Louis Prat fera peindre un ex-voto en guise de remerciement pour ce succès.

La vente d'un esclave noir à Louisbourg

Esclave

Depuis le 13 avril 1709, à la suite d'une ordonnance de l'Intendant Raudot, l'achat d'esclaves est légal en Nouvelle-France. Plus rien n'empêche alors de procéder à la vente d'un esclave, qu'il soit noir ou amérindien.

C'est ce qui arrive le 2 novembre 1756 à Louisbourg. Le sieur Milly la Croix vient de ramener une prise à bord de laquelle se trouve un Noir. Pour les armateurs de ce corsaire, il s'agit d'une marchandise comme les autres. Afin de rentabiliser leurs investissements, ils procèdent à la vente de l'esclave noir au même titre que les marchandises à bord du navire pris.

« [...] il a fait publier par la ville qu'il serait, par nous, procédé à la vente d'un nègre [sic] provenant de la prise de la goélette anglaise le capitaine W. Wells pris par le dit sieur de La Croix. [...] »

BAC, MG6-A2 Fonds des Archives départementales de la Charente-Maritime, 02/11/1756