Les armements

... les armateurs doivent répondre aux besoins en armes et en nourriture du capitaine et de l'équipageLes grandes périodes d'isolement de l'équipage, des périodes qui font partie des voyages en mer, forcent les armateurs à assurer l'autonomie des corsaires. Outre le fait de fournir un navire, les armateurs doivent répondre aux besoins en armes et en nourriture

Bateau

du capitaine et de l'équipage. C'est ce qu'ils nomment les munitions de guerre et les munitions de bouche.

L'investissement des armateurs étant considérable, ces derniers perçoivent une part plus grande des profits lorsqu'il y en a. En effet, le risque que prennent les armateurs est grand, car bien des courses se terminent sans prise et même parfois par un naufrage! Pour diminuer l'impact des mauvaises courses, les armateurs s'unissent entre eux et partagent ainsi risques et profits.



Les coûts de l'armement

Entreprise périlleuse, la course nécessite des investissements considérables. Le contrat d'armement pour La Guyonne, armé en course par son commandant Jean La Fosse et par le Sieur de Costebelle, le gouverneur de Plaisance sur l'Île de Terre-Neuve, détaille les montants investis par chacun en 1708.

2957 livres, 13 sols, 8 deniers pour le corsaire Jean La Fosse
5915 livres, 7 sols, 4 deniers pour le gouverneur de Costebelle

ANQ-Q, TL5 D 422-20, 3/10/1708

À titre de comparaison, la somme de ces investissements est presque aussi élevée que le montant consacré à la construction et aux réparations des bateaux, ainsi qu'à l'entretien des canots dans les finances de la Nouvelle-France en 1743. Ces dépenses sont de 9 300 livres sur un budget total d'environ 422 000 livres. C'est donc l'équivalent de 2 % du budget de la Nouvelle-France de 1743 pour un seul armement de corsaire.

Les armements n'ont pas tous cette ampleur, car tous les capitaines corsaires n'ont pas la chance d'avoir un gouverneur comme armateur. Quoiqu'il en soit, pour investir dans la course et toucher d'éventuels profits, il faut aussi être prêt à essuyer d'importantes pertes financières!

Mitraille

Les difficiles armements

Les armateurs éprouvent parfois de la difficulté à recruter des équipages. De plus, les gouvernants ont aussi du mal à convaincre les armateurs d'investir dans la course, puisque les coûts et les risques sont élevés.

Pour remédier à ces difficultés, les gouvernants essaient d'aider les armateurs à investir dans la course, et cela de différentes manières.

Boulet de canon

Par exemple, durant la Guerre de Succession d'Autriche (1744-1748), le Président du Conseil de la Marine française s'adresse au Gouverneur et à l'Intendant de la colonie, messieurs de Beauharnois et Hocquart, en ces termes :

« Les facilités que les Canadiens trouveraient à Louisbourg, tant pour l'artillerie, les armes et les munitions, [...] devraient les y porter [à armer en course]. Récompense promise aux corsaires qui se signaleront. »

BAC, MG1 Fonds des Colonies. Série C11A. Correspondance générale, 31/03/1745